Des automates au service de la retraite complémentaire

La retraite complémentaire développe l’automatisation des processus de traitement des dossiers de ses clients pour garantir réactivité et continuité de services. Pour les gestionnaires, le gain de temps généré sera l’opportunité de se concentrer sur des actions à valeur ajoutée requérant leurs expertises.

 

En 2015, dans le cadre du programme « Efficience de la liquidation », des expérimentations ont été lancées au sein des GPS et des Cicas. L’objectif était de tester les bonnes pratiques visant à accélérer le paiement de la première retraite, à la suite du dépôt d’une demande complète. L’une de ces expérimentations, portée par le groupe Pro BTP, a consisté à confier à un programme informatique – un automate, donc – la mise en paiement provisoire de tous les dossiers de retraite complémentaire atteignant sous peu leur date d’effet, sans attendre la notification de retraite de base de la Cnav.

L’expérimentation ayant été concluante, le tout premier automate communautaire a été élaboré. Il est déployé auprès de tous les GPS en janvier 2017(1). Son rôle : mettre en paiement provisoire les dossiers classés orange(2) qui, même incomplets, peuvent faire l’objet d’un premier versement. Pour ce faire, l’automate se base sur les informations de carrière connues et validées.

Un double enjeu

« Aujourd’hui, cet automate de paiement provisoire traite chaque dossier orange en une minute trente ! », indique Véronique Pillefert, de la direction du Produit retraite. Le client est satisfait de recevoir plus rapidement son premier paiement et le gestionnaire, libéré de l’exécution de tâches répétitives, peut se concentrer sur des actions à forte valeur ajoutée, comme l’étude approfondie de la carrière du participant, qui nécessite son expertise.

Et Jack Pierre-Marie, de la direction des Systèmes d’information, de compléter : « En plus d’être peu gratifiantes pour l’homme, les tâches répétitives peuvent être source d’erreurs lorsqu’elles sont associées à une forte volumétrie. »

L’intérêt des automates est donc double : ils contribuent à la fois à améliorer la satisfaction du client et à valoriser le rôle du gestionnaire.

Des besoins croissants

L’année 2017 est marquée par le déploiement d’automates associés à la réversion des allocataires. Fort de ce succès, les réflexions sont menées afin d’étendre le dispositif à d’autres actes de gestion.

Un inventaire des besoins aboutit au recensement de 45 automates prioritaires, liés aux métiers de la liquidation et des allocations. « Dans les prochains mois, nous nous pencherons sur les besoins relatifs aux droits des actifs et à la gestion des entreprises », informe Jack Pierre-Marie. Le domaine des entreprises est d’autant plus concerné qu’il est soumis à de fortes problématiques de volumétrie.

(1) Voir CRC n° 28, 2e trimestre 2017, pp. 14-15

(2) Les dossiers de demande de retraite sont classés par couleur selon leur niveau de payabilité : vert pour les dossiers simples pouvant faire l’objet d’un paiement définitif, orange pour les dossiers pouvant être mis en paiement provisoire, et rouge pour les autres cas.

Repères

Qu’est-ce qu’un automate ?

Du grec automatos, « qui agit de soi-même », c’est un dispositif programmé pour exécuter certaines tâches précises, sans intervention de l’homme. L’automatisation est une source substantielle de productivité pour l’entreprise. Il simule parfaitement les gestes de l’utilisateur et permet en prime de traiter des tâches répétitives à grande échelle, contribuant ainsi à la résorption des stocks.

L’informatique sur le pont

Pour satisfaire la demande, « nous sommes passés à la vitesse supérieure avec l’industrialisation de la production des automates », indique Jack Pierre-Marie. Une organisation dédiée, baptisée « filière robots », est mise sur pied. Composée de huit personnes réparties sur les sites parisien et bordelais du SI-RC(1), son rôle est de traiter les cas de gestion pouvant bénéficier d’un automate. Durant la phase pilote, menée en avril et mai 2018, trois automates ont été produits sur la nouvelle plateforme robotique fédérale. 
« Nous voulions tester cette infrastructure en amont, afin d’identifier les difficultés éventuelles et l’adapter au besoin. Les résultats sont pleinement satisfaisants. » Aujourd’hui, la plateforme est en mesure de proposer un service complet d’automatisation pour l’ensemble des GPS et des Cicas.

(1) SI-RC : systèmes d’information de la retraite complémentaire.

DATES CLÉS

Janvier 2017 : déploiement du 1er automate communautaire.

Avril-Mai 2018 : trois automates produits sur la nouvelle plateforme robotique fédérale.