Des établissements engagés pour le bien-être des personnes âgées

Avec 64 établissements dédiés aux personnes âgées ou en situation de handicap (maisons de retraite, résidences autonomie, cliniques...), l’Agirc-Arrco fait partie des cinq premiers acteurs français du secteur médico-social et sanitaire à but non lucratif. Il conduit en la matière une politique ambitieuse et innovante, focalisée sur la bientraitance, l’accompagnement individualisé des personnes accueillies et le développement durable. Il renforce ainsi, sur un axe majeur de son action sociale, sa capacité à répondre aux besoins des plus fragiles, en particulier les personnes âgées en perte d’autonomie.

2 / La RSE au cœur de nos établissements médico-sociaux et sanitaires

Depuis 2011, l’Agirc-Arrco déploie dans son réseau d’établissements une démarche de développement durable, porteuse de bénéfices tangibles pour les résidents comme pour les salariés. Cette dynamique se concrétise d’abord par une politique de soins et de services innovante, fondée sur une attention individualisée aux besoins des personnes accueillies. Bientraitance, autonomie, santé bucco-dentaire, nutrition, qualité du sommeil, approches non médicamenteuses, adaptation aux déficiences sensorielles et cognitives... Autant de domaines où l’Agirc-Arrco s’est montré précurseur, en lançant des recherches-actions, en développant des pratiques psychosociales et thérapeutiques avant-gardistes. « Un programme comme Eval’zheimer, par exemple, réinvente tout l’environnement de la personne souffrant de la maladie d’Alzheimer, depuis l’aménagement du lieu jusqu’aux pratiques des soignants. Avec des résultats probants, qui ont fait l’objet de publications scientifiques », explique Laurence Cailho, chargée de projets à la direction de l’action sociale Agirc-Arrco.

Investissement dans la formation et les lieux de vie

Pour soutenir cette démarche exigeante, l’Agirc-Arrco et ses établissements ont beaucoup investi dans les compétences. Depuis 2008, plus de 2 500 collaborateurs (60 % des effectifs totaux) ont reçu une formation à la bientraitance, améliorant les manières d’être, d’agir et de dire pour encourager l’autonomie, respecter la singularité et les aspirations des résidents. De même, un millier de collaborateurs ont été formés aux meilleures façons d’interagir avec une personne atteinte d’un déficit auditif ou visuel. Et plus de 500 à la santé bucco-dentaire, entre autres problématiques prioritaires pour les personnes accueillies. Bien-être et bientraitance résultent également d’investissements immobiliers dans la conception de lieux conviviaux et adaptés aux difficultés que peut rencontrer une personne âgée ou handicapée. Par exemple, de nombreux établissements Agirc-Arrco ont réalisé, sur la base d’un audit spécifique, les aménagements nécessaires à l’accueil des résidents malvoyants et malentendants (soit la quasi-totalité des personnes accueillies) : boucle magnétique – un dispositif éliminant les bruits parasites des appareils auditifs –, éclairage adapté, repères tactiles, etc.

Les référents, accélérateurs de transmission

Deuxième facteur de dynamique et de différenciation : une démarche RSE à 360°, évaluée chaque année. Accompagnés par un cabinet spécialisé (Primum Non Nocere), tous les établissements ont mis en œuvre, à partir de 2015, un audit développement durable, un diagnostic énergétique, un bilan carbone et un bilan des émissions de gaz à effet de serre. Puis, engagé un programme sur mesure, partant de leurs acquis et jouant de multiples leviers : qualité de vie au travail, achats éco-responsables, nutrition, économies d’eau et d’énergie, gestion des déchets, bâtiments durables... « Le réseau se place ainsi dans une dynamique d’amélioration continue, stimulée par l’essaimage de pratiques et les coopérations multiples entre établissements », souligne Jean-Luc Jammet, responsable du Pôle activités médico-sociales et sanitaires Agirc-Arrco. Qu’il s’agisse de bientraitance ou de réduction des émissions de CO2, chaque problématique est portée, au niveau de l’établissement, par un référent qualifié qui capitalise et partage les expertises avec ses homologues dans les autres structures.

Acteur des filières régionales

Le partage n’opère pas qu’en interne. Chaque établissement s’inscrit dans des filières gérontologiques régionales, joue un rôle actif dans la construction et le fonctionnement de réseaux de soins et d’accompagnement coordonnés. « Au-delà du médico-social, les établissements Agirc-Arrco s’engagent dans la vie et le développement de leur territoire, davantage encore en zone rurale où ils figurent souvent parmi les premiers employeurs », observe Laurence Cailho. Une “rencontre des gestionnaires” est organisée chaque année avec d’autres organismes à but non lucratif (ACPPA, Croix-Rouge française, Mutuelle du bien vieillir, Groupe SOS Séniors, etc.) et des supports sont mis à disposition des partenaires, comme le “Guide développement durable et responsabilité sociétale des entreprises à l’usage des établissements pour personnes âgées” ou les vidéos “Eval’zheimer” et “Bien vivre en résidence de retraite.”

Questions à :

Valérie Eymet, directrice de la résidence Massy-Vilmorin (EHPAD et accueil de jour)

Une démarche globale et structurée

Quelles sont les principales réalisations en matière de RSE ?

Valérie Eymet : Nous avons longtemps fait de la RSE sans le savoir. En 2013, avec le soutien de l’Agirc-Arrco, nous avons initié une démarche globale et structurée. Parmi ses axes majeurs : l’individualisation des soins et des services aux résidents. Les 70 collaborateurs de la résidence – y compris les non-soignants – sont formés à la méthodologie Humanitude, qui privilégie l’autonomie et la dignité de chacun. Par exemple, nous aidons les résidents à développer leurs facultés motrices, à maintenir ou à récupérer les gestes du quotidien. Nous respectons les cycles de sommeil propres à chacun. Nous sommes également formés et équipés pour une meilleure communication avec les personnes souffrant de déficience sensorielle ou cognitive... C’est un ensemble d’innovations et de pratiques, pilotées par des référents internes, qui créent autour de chacun un environnement bienveillant et bien traitant, sans être infantilisant.

Quels sont les autres moteurs de cette dynamique ?

V. E. : Nous avons beaucoup progressé en matière d’achats éco-responsables, de réduction du gaspillage alimentaire, de gestion des déchets... Chaque année, nous élargissons notre champ d’action. En 2017, nous nous sommes notamment mobilisés sur la nutrition, en renégociant les cahiers des charges avec les prestataires, pour obtenir un maximum de produits labellisés, frais et locaux. Nous en sommes aujourd’hui à 70 % de nos repas cuisinés sur place, élaborés à partir de produits frais.

Que vous apporte l’appartenance au réseau Agirc-Arrco ?

V. E. : Nous retirons beaucoup du partage de savoir-faire de nos collaborations avec d’autres établissements. Un exemple : nous coopérons avec la résidence Le Bois à Verrières-le-Buisson, pour la collecte et la méthanisation des déchets alimentaires au sein de la filière Bionerval. Les échanges sont d’autant plus riches que l’Agirc-Arrco laisse chaque établissement développer son propre projet en fonction de ses spécificités, tout en fixant un cadre, des objectifs communs clairs et ambitieux.

Essaimer pour mieux accompagner

De nombreux établissements Agirc-Arrco fabriquent aujourd’hui leur propre lessive écologique pour laver le linge des résidents. Une recette élaborée par la résidence de Massy-Vilmorin, qui a ensuite essaimé dans le réseau. De la gestion des plaies cicatricielles aux approches non médicamenteuses, en passant par les économies d’énergie, les établissements s’appuient ainsi sur le partage de pratiques et d’expertises pour enrichir leur démarche du « prendre soin » et de développement durable. Cette transmission s’opère notamment par l’intermédiaire des responsables référents qui, dans chaque structure, portent une problématique spécifique. Le tout fonctionne en architecture ouverte. L’Agirc-Arrco partage largement, au sein de la communauté médico-sociale, les résultats de ses recherches et réalisations avec, entre autres, la publication de guides, d’études et d’articles.