Dynamique de l'emploi et des métiers : quelle fracture territoriale ?

L’essor du salariat au XXe siècle a dépeuplé les campagnes. La métropolisation du XXIe siècle pourrait vider les « petites » villes. Sauf à ce que la création de richesses des métropoles vienne irriguer les territoires périphériques.

"La métropolisation, qui se définit comme la concentration des activités économiques dans les plus grandes villes, est un processus inédit au regard de l’histoire. Porté par l’expansion du salariat, l’exode rural avait profité à toutes les villes, petites et grandes.

À partir des années 2000, en revanche, les dynamiques de croissance se différencient selon les territoires urbains. Les métropoles – aires urbaines de plus de 500 000 habitants – captent les créations d’emplois tandis que les territoires périphériques « décrochent ».

Les métropoles concentrent déjà 46 % des emplois – 22 % pour la seule aire urbaine de Paris et 24 % dans les douze plus grandes aires urbaines de province – et le mouvement devrait se poursuivre, si l’on en croit les projections à 2022 de France Stratégie et de la Dares. Pourquoi ? Parce que les métropoles sont spécialisées dans des activités structurellement dynamiques, portées par l’économie de la connaissance et la tertiarisation. De ce fait, les métiers les plus porteurs sont dans les grandes villes. En 2011, 85 % des ingénieurs de l’informatique, 75 % des professionnels de l’information et de la communication et 69 % du personnel d’études et de recherche se trouvent dans les métropoles.

À l’inverse, la désindustrialisation pénalise les petites villes et les communes isolées où les métiers agricoles et d’ouvriers sont surreprésentés. Il existe en d’autres termes une spécialisation spatiale du travail héritée de l’histoire économique qui profite aujourd'hui aux métropoles."

Frédéric Lainé, " Dynamique de l'emploi et des métiers : quelle fracture territoriale ? ", France Stratégie (La note d'analyse n° 23), février 2017.