Près d’un cinquième de la population aura plus de 75 ans en 2070

En 2070, la France comptera 76,5 millions d’habitants, soit 10 millions de plus qu’en 2015. Plus d’un sur quatre aura plus de 65 ans. C’est ce qui ressort du scénario central des projections de population 2013-2070 réalisées par l’Insee.

Les nouvelles projections démographiques de l’Insee démarrent au 1er janvier 2013, date du dernier recensement total de la population et portent sur la France entière. Elles s’appuient sur les composantes naturelles de la population (naissances et décès) ainsi que migratoires (entrées et sorties du territoire). Au total, six scénarios sont envisagés, sur la base d’hypothèses de fécondité, de solde migratoire et d’espérance de vie.

Le scénario central

Le scénario central repose sur un solde migratoire constant, soit 70 000 personnes supplémentaires par an (voir Tableau 1). Concernant les naissances, l’Insee maintient une descendance finale supérieure à 2,05 enfants pour les générations 1990 à 2007, puis fait décroître cet indicateur jusqu’à 1,95 à partir de la génération 2019. Les hypothèses d’espérance de vie à la naissance sont de 89 ans pour les hommes et de 92 ans pour les femmes. Ainsi, compte tenu des tendances démographiques passées et dans l’hypothèse du prolongement de celles-ci, la France totaliserait 76,5 millions d’habitants en 2070 (contre 65,8 millions, en 2013). Le solde naturel(1) serait le moteur de la croissance de la population jusqu’en 2050. Les gains de population proviendraient ensuite essentiellement du solde migratoire(2).

Des variantes hautes et basses

L’Insee retient par ailleurs une hypothèse basse et une hypothèse haute de la fécondité (indicateur conjoncturel de fécondité – ICF(3) – entre 1,8 et 2,1 enfants), de l’espérance de vie (plus ou moins 3 ans par rapport à l’hypothèse centrale) et du solde migratoire (plus 20 000 individus à plus 120 000 individus). Le scénario « population basse », qui associe les hypothèses les plus pessimistes, prévoit 66,1 millions d’habitants en 2070. À l’opposé, le scénario « population haute » table sur 87,6 millions d’individus (voir Tableau 2). L’hypothèse de fécondité est la plus déterminante sur les évolutions de population. Un écart de près de 9 millions d’habitants apparaît selon l’hypothèse choisie : avec un ICF à 2,1 enfants par femme, le gain de popu-lation serait de 4,4 millions d’individus alors qu’un ICF de 1,8 réduirait de 4,2 millions la population. La variante de solde migratoire jouerait, quant à elle, pour une différence de 8 millions d’individus tandis que le choix de l’espérance de vie influerait sur 4,7 millions d’habitants.

Des octogénaires et centenaires de plus en plus nombreux

Si la structure de la population française en 2070, aussi bien pour les hommes que pour les femmes, reste similaire à celle de 2013 avant 65 ans, elle varie en revanche fortement à compter de 65 ans, et ce même en supposant l’absence d’amélioration de l’espérance de vie (voir Figure 1). De fait, les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 17,5 % des individus en 2013 et pèseraient pour près de 29 % en 2070 (25 % dans les scénarios bas). Cette forte hausse se concentre sur la première moitié de la période, où les baby-boomeurs apparaissent dans les plus de 65 ans. En 2039, tous seront âgés d’au moins 65 ans. Dans le scénario central, la hausse de population à l’horizon 2070 résulterait surtout de l’augmentation du nombre des individus âgés de 65 ans et plus (+10,4 millions). La part des plus de 75 ans doublerait pour atteindre 13,7 millions d’individus en 2070, soit 18 % de la population. L’effectif des personnes de plus de 85 ans pourrait quasiment quadrupler, atteignant plus de 6 millions d’individus. Enfin, les centenaires pourraient être 270 000 en 2070 (contre 21 000 actuellement).



(1) Différence entre le nombre de naissances et la somme des décès au cours d’une année.
(2) Différence entre le nombre de personnes entrées sur le territoire et le nombre d’individus sortis au cours d’une année.
(3) Nombre d’enfants qu’aurait une femme tout au long de sa vie si les taux de fécondité observés à chaque âge restaient constants.