Renforcer les acquis

Les établissements de retraite et de soins Agirc-Arrco ont bénéficié, de 2008 à 2013, d’un plan médico-social et sanitaire visant à améliorer la qualité des prestations et à assurer leur pérennité économique.

Une évaluation positive de ces réalisations, en 2014, a permis de définir de nouvelles orientations prioritaires pour la période 2015-2018.

Le parc médico-social et sanitaire de l’Agirc et de l’Arrco comprend soixante-huit établissements qui vont de la maison de retraite aux logements-foyers, en passant par des hôpitaux et des établissements pour personnes handicapées. L’efficacité du parc se juge dans la capacité des régimes à conduire une gestion rigoureuse, tout en assurant qualité des soins et des prestations hôtelières. Toujours au fait des dernières innovations et des recherches en matière du « prendre soin », l’Agirc et l’Arrco ont à cœur de faire évoluer leurs pratiques, tout en assurant la pérennité économique de leurs établissements. Les partenaires sociaux y veillent tout particulièrement à travers les plans d’action et les bilans qui en sont tirés.

Le dernier plan en date s’est déroulé de 2008 à 2013 autour de trois axes : la qualité du parc, l’efficience du pilotage et de la gestion, l’engagement dans une dynamique de filières gérontologiques locales. Les partenaires sociaux avaient alloué à la réalisation de ce plan une enveloppe de 511 millions d’euros issus de la cession des résidences de vacances Agirc et Arrco. Quelle utilisation en a été faite ? Passage en revue des réalisations de ces cinq dernières années.

Des actions qualitatives

Un important travail a été entrepris sur la qualité des bâtis pour les adapter aux nouvelles normes de qualité environnementale et aux besoins spécifiques de résidents de plus en plus âgés. Ces normes génèrent des économies d’énergie et apportent un réel « confort d’usage », hygrothermique, acoustique, visuel, olfactif, ainsi que pour la qualité de l’air, de l’eau, etc. L’architecture a été repensée pour une meilleure prise en compte des déficiences sensorielles et cognitives. Enfin, un travail en profondeur a été mené sur les pratiques pour plus de bientraitance. Le programme Eval’zheimer©(1) dédié aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer a été mis en place. Des actions de sensibilisation et de formation au dépistage touchant à la santé bucco-dentaire et aux déficits visuels et auditifs ont été menées auprès du personnel pour une meilleure compréhension de leur retentissement sur la santé, le comportement des personnes et l’accentuation de leur perte d’autonomie. Enfin, des formations au « prendre soin » ont été réalisées. Les partenaires sociaux souhaitaient également gagner en efficacité concernant le pilotage et la gestion des établissements. Ce deuxième axe de travail a abouti à la création de trois entités de pilotage(2) qui gèrent l’activité de la totalité du périmètre des établissements, tandis que la coordination nationale est assurée par la direction de l’action sociale Agirc-Arrco. Autre décision, des fonds ont été dégagés pour recapitaliser certaines entités propriétaires. Ainsi dotées de fonds propres, celles-ci ont pu planifier les travaux nécessaires et assurer leur pérennité.

“ Un travail en profondeur a été mené sur les pratiques pour plus de bientraitance. ” 

Le troisième axe du plan, « inscription dans les dynamiques gérontologiques et gériatriques », prévoyait notamment de soutenir — à côté du parc en propriété — des projets de création ou de restructuration financés par des organismes partenaires. « En contrepartie de ces subventions, le réseau Agirc-Arrco a obtenu des droits d’accueil prioritaires pour ses allocataires à la recherche d’un établissement (droits réservataires) », précise Stéphanie Callewaert, chargée de projet en établisse- ments médico-sociaux et sanitaires au GIE Agirc-Arrco.

Un bilan positif

En 2014, les vingt et un objectifs opérationnels des trois axes ont été évalués. La plupart ont été atteints en respectant le budget alloué (507 millions d’euros dépensés). Deux points ont été mis en évidence : la mise en visibilité insuffisante des réalisations, notamment face aux organismes publics, et la nécessité de renforcer les synergies et les coordinations locales. Autres constats, les travaux pour assurer l’homogénéité des prestations sur l’ensemble du parc et ceux concernant l’optimisation du pilotage doivent être poursuivis.

« Nous avons bénéficié des revenus issus d’une partie de la cession des résidences de vacances pour faire évoluer le parc médicosocial et sanitaire. Les groupes de protection sociale ont vite compris les enjeux et se sont beaucoup investis dans le déploiement du plan. Dans les zones de concentration des établissements (Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes), les équipes travaillent de plus en plus étroitement. Il y a quelques années, elles ne se connaissaient pas. Un véritable réseau est en train d’émerger », conclut Stéphanie Callewaert.

Le parc médico-social et sanitaire en chiffres (2013) 69 établissements 60 dédiés  à l’accueil des personnes âgées ; 5 à dominante  sanitaire gériatrique ; 4 destinés à l’accueil des personnes handicapées.  La capacité d’accueil du parc était de près de 7 900 places.